Chapître 3-4 : Le treizième démon

Publié le par Nonge

          J'ai pris le bus à la porte du lycée. Je devais changer pour un autre bus, je suis donc descendue à Asahabashi, j'ai traversé la rue pour aller jusqu'à l'autre arrêt de bus. Le feu est passé au vert pour les voitures. Elles allaient nous éclabousser. Un écolier partageait son parapluie avec moi. J'ai essayé de marcher plus vite pour rester à l'abri. Mais je suis brusquement tombée sur le sol. Le sang a jailli de ma bouche et a teinté l'asphalte mouillé en rouge. Le sang ruisselait tellement que je me suis demandée si je n'allais pas mourir d'une hémorragie, je me suis mise à pleurer. La boulangère au coin de la rue s'est précipité hors sa boutique et m'a aidé à me relever. Elle m'a fait rentrée dans sa boutique et a essuyé mon bouche avec un mouchoir. Puis elle m'a emmené dans voiture pour me déposer à l'hôpital le plus proche. En voyant mon carnet de correspondance, elle a appelé l'école et mon professeur est venu. Après qu'on m'ait soigné, ce dernier m'a reconduit chez moi. Madame la Boulangère, Professeur, merci.


         Verdict pour Aya : une lèvre ouverte et ses trois dents de devant sont cassées et parties. Quand je les touche avec mon hankerchief, cela se teinte toujours de rouge. Je suis un fille, j'ai trois dents essentiels pour le sourire qui sont cassées, et maintenant je suis enlaidie comme jamais.

Cette maladie est pire que le cancer !

Elle vole toute la beauté de ma jeunesse.

Si je n'avais pas cette étrange saleté, je pourrais avoir un amoureux... Je voulais juste quelqu'un sur qui je puisse compter. Je ne peux même plus avoir ça maintenant !

         Dans le manga Très cher frère d'Ikeda Riyoko, Kaoru/Danièle avoue son amour, puis quitte la personne qu'elle aime. Ne puis-je pas avoir la liberté d'aimer ou d'être aimé ?

Dans mes rêves, je suis capable de marcher, de courir, et de me mouvoir librement...En réalité, je ne peux rien faire de ça.

Quand je lis le passage où Nanako commence à courir, ça me fait penser combien j'aimerais connaître ces choses. Est-ce servile ?




         J'ai dormi tout le jour en ruminant ces sombres pensées. K-ko-san a téléphoné chez moi : “Tu vas bien ?”. ça m'a fait très plaisir. Mais je devrais sans doute être absente pour un moment.


         Je me réveillée à 7h30. Ma sœur Ako partait pour Nagoya. Elle était si mignonne, ça m'a mise de bonne humeur.

Ça fait du bien de se lever tôt. J'ai fini le dernier pot de glace. Sentir la glace fondre dans ma bouche m'a fait beaucoup de bien. C'est très dur de manger sans dent de devant. Je n'ai plus qu'à garder la bouche fermée dès que je sors.

Je dois aller chez le dentiste demain. J'ai enlevé le miroir qui était habituellement posé sur mon bureau. Je dois me dépêcher pour redevenir l'ancienne Aya.


         J'étais en train de feuilleter un livre de tricot avec ma mère. La robe en laine blanche que portait habituellement ma mère quand j'étais enfant était dessus. "Maman, tu veux pas m'en faire une ?"

"D'accord... Tu souviens quand tu la portais chaque Nouvel An avec ce joli bandeau dans les cheveux et que tu avais insisté pour qu'on te prenne en photo avec devant la porte d'entrée ?"

Si j'avais été en bonne santé, nous aurions continué gaiement à évoquer de vieux souvenirs; mais c'est douloureux maintenant, alors nous avons arrêté de parler de ça.

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Gérald 22/11/2008 10:20

Merci beaucoup de traduire le journal d'Aya, c'est vraiment bouleversant et ça doit te demander beaucoup de travail ! Merci beaucoup !=)